Aller au contenu principal
Big data et protection des données
Partager sur
image
Vendredi 8 mai 2020

Big data et protection des données: l’impossible équation entre le méga et le tout-petit

Que peut-il bien avoir de commun entre ce groupe de jeunes adolescentes hypnotisées par l’écran de leurs smartphones à la sortie d’un lycée de Dakar, le scandale de Cambridge Analytica lors des dernières élections aux Etats-Unis et le « marché des données européen unique » d’ici 2030 que la Commission européenne appelle de tous ses vœux ? Le Big data tout simplement.

 

En effet, cet outil est appelé à façonner durablement le futur de nos politiques, de nos entreprises, de notre vécu, pour faire court. Le Big data ou la collecte massive de données ou méga données fait l’objet de toutes les attentions, en ce que d’ores et déjà, il a permis à des colosses américains tels que Google et Amazon, de dépasser les 1000 milliards de capitalisation boursière.

 

Toutefois, les changements de paradigmes annoncés induits par l’exploitation de ces ensembles de données qui dépassent tout ce que nous avons connu jusque-là en termes d'intuition et de capacités humaines d'analyse et même de celles des outils informatiques classiques de gestion de bases de données ou de l'information, ne se feront pas sans mal.

 

Cette irruption massive du numérique dans notre quotidien, a, malheureusement, à voir avec la protection de nos données, qui est le pendant naturel de cette explosion de données qui concerne tous les aspects de notre vie.

Le scandale Cambridge Analytica aux Etats-Unis a révélé suite à une enquête du Guardian et du New York Times, l'ampleur de l'utilisation des données collectées de 50 millions d'utilisateurs de Facebook –à leur insu-, par ladite organisation, spécialiste du Big data financé par un proche de Donald Trump. Ce, pour élaborer un logiciel permettant de prédire et d'influencer le vote des électeurs.  

Ne voulant pas se faire distancer, l’Europe entreprend déjà de travailler à l’émergence de géants de la Tech européens, pour finalement rivaliser avec les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Microsoft) américains et les titans chinois comme Alibaba et Tencent. Tout en respectant « les valeurs et les droits européens tels que la protection des données et la concurrence loyale ».

 

Parce que tous experts, grandes institutions (comme le MIT aux États-Unis, le Collège de France en Europe), administrations et spécialistes sur le terrain des technologies ou des usages, s’accordent à reconnaître que les perspectives du traitement des Big data sont énormes et en partie, encore insoupçonnées dans des domaines comme la médecine, la météorologie, le transport, les entreprises, entre autres.

 

En Afrique, seuls l’Afrique du Sud, le Nigéria ou le Kenya semblent avoir pris la mesure de ce formidable marché qui a généré pas moins de 150,8 milliards de dollars en 2017, selon le magazine « Jeune Afrique » dans son édition numérique du 3 janvier 2018.

 

Loin de tous ces calculs et enjeux, l’internaute sénégalais clique ici et là, inconscient des enjeux autour lui, adossé à des valeurs d’ouverture aux autres, où la notion de protection des données a bien du mal à se frayer un chemin, en dépit du travail fait par des instances dédiées, qui, ont également, bien du mal à.…se faire entendre !

 

Partager sur
Partager cet article sur
Lisez également